Dimanche 6 février 2011 7 06 /02 /Fév /2011 19:27

Le mariage, c’est tabou : on en viendra tous à bout .

 

J’ai testé pour vous : (attention, gare à la polémique sur ce  blog où personne ne va) le mariage feuj’.

Bon, ok, je sais très bien que ça va pas forcément faire l’unanimité : taxez moi de grosse connasse, de raciste, rien à branler car vous n’aurez pas compris le réel but de l’article, alors « vogueule » …

J’ai jamais été très mariage, alors du coup, quand mes parents m’ont annoncée : mariage d’Ocheline*(les noms ont été floutés, tu t’en douteras…), à la tchine-à-gogue : forcément, j’ai dit non. Mariage, je dis non, mariage religieux : je dis encore non. Sérieusement, étant profondément contre le mariage et contre la religion que je conçois plus aujourd’hui comme une secte de type Word of Warcraft, forcément, j’ai pas kiffé, et encore moins me lever à 8H30 un dimanche pour aller voir Rabby Jackob sans Louis de Funès.

Mais j’ai dit OUI. Y a quelques temps, j’aurais dit que j’étais sous l’effet de la magie de Noël (en mode : tiens mais c’est le gros connard que je déteste, mais c’est Noël, ou Ranouka, peu importe, alors c’est cool, je fais comme les hippies, je fais l’amour et pas la guerre, ou comme Rhézousse, j’aime mon prochain), mais là, j’ai dit OUI, un peu parce que j’étais obligée en fin de compte.  Mais, ce matin, j’ai essayé d’y croire, sincèrement, je me suis dit que c’était le moyen de voir de la famille que je ne connaissais pas, et surtout, de rencontrer des gens. Point à la ligne. J’ai même rechargé mon appareil pour prendre des photos avec mes nouveaux potos t’as vu ?

Donc, aujourd’hui, j’ai vécu dans un cliché : bienvenue dans « la vérité mon frère »…

Je ne vais pas te raconter toute la journée, d’une part, parce que c’était long, et d’autre part, parce que c’était chiant ; je vais juste revenir sur les moments qui m’ont marquée.

Flash back.

Il est 10H3O, nous sommes devant la tchine-à-gogue, à l’heure. Je suis là, la mine défaite, le nez coulant ses litres de morve, perchée sur 9 centimètres de talon léopard (True Story). Je me suis levée à 8h30, je tiens à le repréciser.

Je ne galère pas, perchée sur mes chaussures félines, je guette juste, tel un lynx en plein désert peuplé ( c’était facile, je sais), l’arrivée de la mariée.

10H45 : la mariée est-elle en train de douter ?

En tout cas, des femelles plus jaguars que  gros-minou-tout-gros-et-tout-candide-du-genre-Garfield (cette métaphore s’applique à moi…),  perchées sur au moins 15 centimètres de talons (OUI MADAME), et pas du André (NON MADAME), du Lou Bouttin (OUI MADAME), se dandinent dans leur robe griffée et courent après des chemises blanches Lagerfeld.

Moi, aujourd’hui, j’ai mis H&M, Pimkie et André à l’honneur !

Une base, OUI MADAME !

11H : le marié tourne un peu en rond mais vient nous voir :

-Alors, la mariée elle arrive quand ? (nous)

-Elle arrive bientôt, elle arrive en FéFé. (lui)

Direct, dans ma tête, à 10h du mat’, après avoir dormi à peine quelques heures, je me suis dit : « putain Féfé, il est pas que chanteur, il est transporteur ! »

Bah, non, fausse joie, pas de Féfé et de vilain petit canard.

Féfé, ça voulait dire Ferrari. Ah oui, c’est vrai, comment ça se fait que je n’ai pas compris la blague dis donc, quel petit chenapan !

Surtout que moi, en y repensant, je suis venue en Mémé quoi. (comprendre Métro…moins sexy, et un peu vieillot…).

Il est 11H, la mariée arrive sous un déluge de hululements de chouettes ou de hiboux (à prononcer en mode Gad Elmaleh).

Je vous passe la cérémonie.

Repas.

Le plan de table.

Ah ce (putain de) plan de table ! Le truc le plus galère au monde, limite plus que les emplois du temps d’un lycée qui fait en même temps collège et faculté ( non, ce n’est pas possible, je sais, mais, mais, pour l’image quoi…).

La loterie. Tu tires ton nom, t’es en mode stressé de la life, mais vu que tu connais 10 personnes sur 200, tu te dis que les organisateurs ont peut-être eu la jugeote de te mettre avec les gens que tu connais, à moins que ce soit un speed dating géant, mais là, t’as pas été prévenu alors bon, c’est carrément du hors jeu.  Tu trouves ton nom sur un carton (plus kitch tu meurs), rose saumon avec EN PLUS, OUI MADAME, UNE PUTAIN DE FAUTE QUI TE REND TROPS VENERE :

 

Table Massada : Morgan S.

 

Déjà, tu le sens pas.

En plus, tu vois tes parents arriver et qui te disent que eux, ils sont avec toute la famille, et surtout qu’ils sont tous ensemble à la table hereyaya  ou un truc typique et locale (à comprendre comme couleur local et pittoresque, tu vois…) du même genre.

T’es niquée jusqu’à l’anus (même si aucun canal ne relis ton vagin (si tu es une femme), ou ton urètre (pas de jaloux) à ton anus, bref, fin de paranthèse).

En plus, tu chopes entre deux conversations que le vin rouge ka-chair, c’est dégueulasse : alors forcément : tu déprimes, normal.

Surtout qu’en plus au final, tu termineras ta bouteille toute seule...

13h :

J’ai la dalle, mais me voilà devant le buffet, je picore, je picole. Je me moque des vieux, des gens chelous, des meufs qui ont, soit dit en passant, des couleurs de peau plus que douteuses, à base de orange, d’UV, de jaune, de rose parfait, mais surtout, de la vieille qui a une paralysie faciale et qui forcément, a buggué en mode clin d’œil.

Alors forcément une fois de plus, toi qui te moques des handicapés, des femmes enceintes, des vieux, boosté par ton frangin, tu te fous forcément de sa gueule.

13H30

Quatre martinis plus tard, tu es encore fraîche. Ton frère au whisky coca, assure aussi.

Mais putain, où est cette putain de table ?

13H32

La voilà !

Bonjour!

tu t’assois, personne ne parle. Personne ne TE parle.

AMBIANCE.

13H40

Tu essayes de rentrer en contact (en mode fonction phatique, vraiment), avec ta voisine de table :

-c’est à base de quoi ça ? parce que c’est vraiment dégueulasse ! (moi)

-ah, c’est à base d’arrêtes de poisson et c’est pas très bon (la voisine)

fin de la discussion. Je vais pas dire que je me voyais la prendre par l’épaule et lui dire que c’était enfin cool de partager tant de choses avec quelqu’un qu’on connaît pas, mais merde, ça aurait pu aboutir sur une super conversation du type : « une fois, je me suis coincé une arrête de poisson et j’ai dû manger du pain, sérieux quoi. Et tu aimes les axolotls ? moi je les trouve trop mignon ».

bah non.

13h45

L’heure du drame. Je crois que ça a décidément marqué ma vie, et surtout l’avis que je me faisais des gens qui étaient assis à ma table.

Reconstitution… (à prononcer en mode super sérieux, voire Experts Los Angeles tu vois le genre…)

-Quelqu’un veut du vin ? (moi)

-non

-non merci

-non ca va

-non

-Crotte ?

-ah non, je suis au whisky coca

Eh bah merde. Ça a sonné comme un coup de guillotine (je sais, ça sonne pas mais métaphore encore Igor). J’étais désormais la seule à boire du vin rouge.

La seule pochtronne a prendre son verre, sa bouteille et à aller rejoindre la table de ses parents pour picoler.

14H

bienvenue dans un cliché, et viva le communautarisme.

Pour la première fois de ma vie, je me suis sentie exclue. Exclue par mes fringues, par ma gueule, par tout. Je me suis sentie exclue quoi, et ce qui est d’autant plus horrible, c’est de partir avec l’envie de rencontrer des gens et de se retrouver face à un putain de mur.

J’ai essayé, sincèrement, de parler avec les meufs recouvertes de fond de teint (oui, ça me détend un peu de dire ça),  de m’intéresser alors que perso, l’informatique ou la gestion immobilière : j’en ai rien, mais rien à foutre quoi. Et là, même pas une question du genre «  et toi, tu fais quoi ? », quedal, nada.

Ok, pas de problème, je ferme ma gueule, tu veux pas parler, tant pis.

Mais après 4, 5 verres de vin, t’as qu’une envie c’est d’aller voir ces trois prosti-putes et de leur dire «  COUUUUPE VOOOS CHIIIEFFF PUTTAAIIINS » . Bah non, c’est un mariage, alors t’évites de transformer ça en pugilat.

Mais oui, ça m’a vraiment saoulée et fait réellement mal au cœur d’avoir été exclue à ce point. J’ai essayé d’aller parler aux gens, aux nanas mais rien, nada, j’existais pas.

Tant pis, Crotte a mis une bouteille de whisky dans mon sac, j’ai profité des petits fours, des gâteaux, mais pas des gens.

Je me suis sentie étiquetée « pas des nôtres », et putain, ça ma vraiment fait mal au cœur.

 

 

Je remercie juste Crotte, sans lui, je me serais poignardée avec un cure dent .

 

 

http://www.lesanimauxdroles.com/wp-content/uploads/2008/09/mariage-animaux.jpg

Par Mo - Publié dans : ma vie quoi
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