What the FAC ?
Ça bouge un peu à Paris 12, et c’est pas la faute de la neige.
Paris 12, révolution du saucisson.
Parlons de ces fameuses, et non moins énigmatiques, AG.
Déjà, quésako ?
A pour assemblée.
G pour générale.
Je t’apprends peut-être un truc, toi qui pensais que c’était les initiales des soirées Tupperware. T’inquiète.
C’est un peu comme ça les AG.
Enfin, distinguons bien deux types d’AG :
-celle où on parle
-celle où on hurle.
Tu apprendras bien vite que (c’est magique !) tu peux faire les deux en même temps.
Tu apprendras aussi (vite ou pas, va à ton rythme) qu’il y a les AG étudiantes : celle où ça crie, et les AG professorales (mot du jour, bonjour) où ça peut crier aussi.
De toute façon, je crois décidément que la politique est un monde où d’abord, on crie beaucoup, et ensuite, on parle.
Bon, comprenons que vu la situation actuelle des choses dans l’expectative d’une modification totale, nous revendiquons le droit de crier, et de faire des phrases très compliquées :
Faire des phrases avec de nombreux morphème de dérivation en –ion, pour montrer une réelle combustion de nos plus intenses réflexion au sujet d’une bombe à néons.
Alors, comme dirait Monsieur Linguistique, on nous propose une version maousse costaud du CPE.
Dieu a parlé, alors tu fermes ta gueule et tu applaudis ces paroles tranchantes.
Clap clap.
Attention, si tu crois que les AG, c’est aussi long et chiant que les cours de Dauz’Dauz, tu te trompes.
Clap clap.
Ça part de partout, et ça se dispute, comme autours d’un barbecue, le dernier morceau de saucisson.
Clap clap.
Ca suffit oui ?
Clap clap.
Mais dans l’idée, je trouve que les AG, c’est plutôt pas mal, surtout si on y va, et mieux encore, si on y va avec une petite idée de la situation.
Révolution chausson !!
Révolution saucisson !!
Non, t’as rien compris, la violence ne résout rien, alors arrête de taper ta télé avec ta pantoufle.
Bon, je tourne autours du pot, comme il y a quelques heures, mais je fais de la politique attention, je tente de faire un putch contre la descente journalière de mon linge sale, s’il te plait.
note à toi même, la révolution, on la fait pas sur face book. si si.
Donc.
Oui, je sais, j’aime bien ce mot.
On papote, on papote, mais ça débouche à quoi ?
Le fameux..
Vote à main levée.
Tu comprends qu’à la fac, les bulletins anonymes…
Allez, les mimines on se lève.
Grève pendant une semaine ?
POUR ?
Alors là, t’as les blonds de première année avec les cheveux longs et gras qui lèvent la main
-quoi, c’est déjà l’heure du pogo ? troop bien.
Rire nasal.
Non parce que quand même, la grève, ne sois pas hypocrite, ça nous arrange un peu. Tu comprends, c’est le début du semestre, et on a tous des bouquins à lire.
Non, c’est vrai quoi. La grève, c’est relou quand c’est la RATP, mais quand c’est l’éducation.
Arrête ça Monique !
Ca t’arrange quand même un peu.
Bon, ok, tu es allée à la Fac et ton prof était là.
Mais ton prof était en grève.
Tu te dis VDM.
Mais c’est qui la première à râler quand, en période de grève, ton prof arrive et te dit qu’ il fait cours ?
Eh bah voilà.
Sacrée Monique va !
Donc la grève a été partiellement votée, parce que je précise, on sait toujours pas trop ce qui vase passer lorsqu’on ressort des AG.
Une semaine.
C’est pas mai 68, mais la jeunesse, ou du moins, l’amphi jaune, est dans la rue.
On sera déguiser en poussin, et on hurlera « révolution du saucisson ! Justin Bridoux Président !! »
Bon, ok, j’arrête.
Mais tu vois, je viens de passer au moins trois heures dans des AG, pas parce qu’il fait froid dehors et que j’ai les pieds congelés, ça c’est quand j’avais cours de linguistique au premier semestre, ne mélange pas tout voyons, mais parce que ce qui se passe me concerne. Et concerne mon université.
Si c’est pas de l’Universiténionalisme ça.