Ou putain de sa race, j’ai le palpitant qui fait des castagnettes.
Respire.
Respire.
Respire.
Que j’te raconte.
Bon, déjà, journée passée à tourner.
« LOL »
A P12, on est des obstinés, mais tourner en rond, très peu pour nous.
Nous, on est plus à se poser, avec des bières, à refaire le monde, à réécrire le système.
On refait le monde partout, par terre, à cheval sur une table, à la tribune, aux toilettes, dans les escaliers.
Donc, journée superbe, à tourner.
Ou pas.
Mais on commence à savoir qu’à partir du moment où on se voit tous, ça dure toujours plus.
C’est marrant, on repousse de plus en plus le moment où on doit se dire au revoir,
A vrai dire, je crois que si on s’écoutait, la fac serait une énorme colloc’.
j’ai pas envie de dire adieu, j’ai pas non plus envie de dire au revoir parce qu’en ce moment, j’ai pas l’impression de rentrer chez moi. Je suis chez moi à la fac, en amphi jaune, avec vous.
J’ai deux chansons en tête quand je pense à tout ça, les Neg marrons, Le bilan, et talking ‘bout a revolution.
Quoi, clichés ?
A vrai dire, en écrivant ce mot, je pense à plusieurs personnes en particulier.
Oui, on peut dire que c’est une private joke.
Comme parler canard, ACDC en mode bondour, ah sé lé lé ah, David et sa machine à laver, le battle de danse en mode géronto…
Tout ça tout ça quoi.
C’est marrant, on dit souvent qu’on a pas les mots.
Bah ce soir, je suis pas sûre de les avoir.
C’est marrant, je crois que la majeure partie des gens qui viennent zoner sur mon blog, sont des grévistes, et je crois qu’ils comprennent très bien pourquoi on a pas les mots pour expliquer ce qu’il se passe en ce moment.
Y a pas de mots pour expliquer, pour décrire ce qu’il nous arrive.
Sans doute le mot unique est le seul mot capable de ce rapprocher de ce qui se passe en ce moment.
J’ai envie de dire que je ne regrette rien, pas une seule journée, pas un seul blocage, pas une seule manif, rien.
C’est grâce à vous.
C’est niais ce soir, mais bon, je suis désolée, chuis pas une méga niaise de la vie, mais là, j’ai juste envie de le dire : yé vous aime.
On en aura dit des choses autours de deux cappucino et d’un chocolat, on en aura débiter des belles phrases.
Même ce moment a été unique.
On se souviendra peut-être de miette, et j’ai pas forcément envie de me nourrir que des miettes, mais, chaque miette qui traîne, je les picore avec délectation, en pensant à vous, et à tous ces moments passés ensemble.
Bon, ça suffit le miel là.
J’vais revenir sur mon petit (gros) problème de toute à l’heure.
La porte.
C’te putain de porte qui ma fait flippé.
Déjà, je devais pas rentrer à la maison.
Soirée annulée, je regagne ma demeure après avoir quand même passé une excellente soirée
Et là, c’est le drame.
Y a la clé dans la serrure, donc, je ne peux pas rentrer.
J’ai froid.
Que faire ?
Je vois la cuisine allumée, mon frère doit encore être en train de tourner.
Oui, mon frère est un obstiné.
Non, il ne fait pas la grève.
Donc, je tente désespérément d’appeler Crotte, ma mère, mon père.
Ils dorment.
Et mon frère ne répond pas.
Ça pue.
Je m’imagine passer la nuit dans le garage, j’en suis plus qu’enchantée, tu t’en doutes.
Bon, j’essaye quand même après 20 minutes passées à me les geler sévère, de tourner la clé.
Et paf, ça a fait des chocapic !
Là, tu te dis :
Putain, elle est conne quand même.
Comment te dire ?
Je rentre dans l’entrée.
Mais le sort a décidé de s’acharner un peu
La clé est bloquée.
Enfin, les deux clés : celle du dehors, et celle de l’intérieur.
Là, dans ma tête, ça va vite.
Putain, j’ai pété la porte, je fume, je suis gréviste, j’vais me faire tuer, et en plus, vu que ça se ferme pas, je vais devoir rester là, pour que personne n’entre.
VDM.
Bon, j’essaye de tirer dessus, sans succès.
Je tripote tout, je suis prête à appeler un serrurier pour pas me faire tuer.
Au bout de 10 minutes, après avoir bidouillé le truc, j’arrive à retirer les clés.
Mais en les retirant, le verrou se bloque.
Je peux plus fermer la porte, le verrou est en mode blocage.
Enculé.
Putain, je me vois morte et enterrée au fond du jardin avec en guise de pierre tombale
« ci-git une briseuse de porte, et une briseuse de couilles qui ne mourra pas précocement d’un cancer ».
Ah, le palpitant est en mode drum n’ bass.
Respire.
Respire.
On se calme.
Je trifouille le verrou pendant 15 minutes.
Ah caca.
Ça coûte cher une porte ?
Putain de sa mère, j’vais le niquer c’t’enculé de verrou de meeeerde.
Putain de merde, de porte à la con, de salope.
Je commence à m’énerver légèrement.
PUTAIN DE MERDE D’ENCULE DE SALOPE DE PUTAIN DE VERROU A LA CON.
Et si je touche ce putain de truc là qui sert à rien de toute façon.
Tiens.
Ca marche.
Putain, quelle fin de soirée quoi.
Oui, je suis conne.
VDM pour moi.