Il est 00h41, et j’ai la lettre pour madame B. à rédiger, mais je préfère là, tout de suite, maintenant, te raconter ma vie.
Parce que je suis une fille qui a du mal avec son cerveau.
Que je t’explique ma nuit du 28.
Bon, après une soirée chez L., à Trou Paumé les Bains, où bien sûr, j’ai trop bu, et trop fumé ( je cite « putain, je suis trop foncdée »), je rentre chez moi.
Déjà, c’était la journée de merde, celle qui est remplie de petits problèmes qui, accumulés les uns les autres, t’amènent à te retrouver dans ton entrée, sur le carrelage (on en revient toujours à lui : valeur sûre), à chouiner comme une merde, et à hurler à la Moundir : « pouurquoiii ?? ».
Soit.
Bon, la carte imaginaire.
Première étape que je dois te développer.
Pile à l’heure, après quelques minutes de marche, je me retrouve devant le tourniquet du métro, porte-monnaie en main.
Je le glisse sur la borne.
Pas de bip.
Je le re-glisse sur la borne.
Silence radio.
J’ouvre le porte monnaie.
Et là, tu sens déjà le « c’est le drame ».
Pas de carte.
Paniquée, je cours jusqu’à chez moi, je fouille partout.
No man’s land Imagine R…
Panique, larmes ( je t’emmerde toi qui pense que j’ai la larme facile), je repars les yeux rouges, cachés derrière mes lunettes de soleil.
Arrivée à la station Daumesnil, et après des fouilles archéologiques dans mon gros sac noir (c’te fucking bastard of its mother), BINGO : Carte Imagine R fait son come back.
Je renifle un bon coup, c’est fini.
Enfin, « c’est tout, pour le moment »…
Soirée qui se passe plus qu’excellemment bien, Magichou me dépose chez moi.
Elle me dépose au feu sur l’avenue
Là, tu vois, je sens la couille.
Ça pue d’ici.
Je sens le « Enfermée dehors épisode deux ».
BINGO.
La porte ne s’ouvre pas, la clé ne tourne pas : les clés sont dans la serrure à l’intérieur.
Il est 05h00, réveiller mes parents en sonnant m’apparait comme quelque chose d’inhumain.
J’essaye pendant 5 minutes, sans succès.
Direction garage.
Tel Mac Gyver au féminin, je sors de mon sac qui transporte ma maison : un duvet !
Je m’installe sur le carrelage dans mon duvet.
C’est putain de dur le carrelage.
05h20 : envie de pisser.
Comment te dire ?
Là, tu maudis ta vessie, et tout ce que tu as bu pendant la soirée, c'est-à-dire : beaucoup.
Une seule solution.
Non, pas la manifestation.
Mais :
Pisser dans son jardin.
Donc expédition toilette, je repère un « spot pipi », et c’est parti mon Jean Louis.
Non, c’est pas fini.
Je dors 2h, si on peut appeler ça dormir, et je sors du garage pour rentrer chez moi.
Je croise ma mère :
-Maman, juste, la prochaine fois, laissez pas les clés à l’intérieur.
-Mais, on est rentré à 2h, et on a pas laissé les clés sur la porte. Ton père les a remises ce matin pour ouvrir.
….
J’ai rien à ajouter de plus, je crois que tu as compris.
PS : non, je ne suis pas une attardée.