Je sais, je devrais répondre au micro concours que j’ai lancé la semaine dernière, mais mon bichon, j’ai encore un peu de temps.
Alors, la journée a commencé plutôt tôt pour moi, la tête dans le cul bien sûr, la mine défaite en prime.
Je devais aller à la SECU (d’ailleurs un petit message : bande de branleurs. C’est dit), parce que bien sûr : fallait que je perde mon attestation de sécurité sociale.
Toujours au bon moment qu’il m’arrive des couilles comme ça.
Et celle là, c’est pas de la couille de Mc Doom, jte le dis !
C’est une grosse couille, bien relou, car moi, l’administratif, en plus de me faire chier, me fait peur.
Donc, je me lève tôt pour me rendre là-bas pour pouvoir réimprimer mon attestation.
Manque de bol, vu que je suis à la SMEREP, va falloir que j’envois un courrier.
Donc bref, je suis dans la merde.
Passons.
Je suis aussi dans la merde niveau boulot, tu comprendras que ma vie en ce moment ressemble à l’anus d’un scatophile…
(allez des mots clés sympathiques et des gens tout bizarres)
Donc, j’avais vers 14h0, une réunion pour des postes en télémarketing.
Ca se la pète hein…
Donc bien sûr, je pars bien en avance car, prévenue par l’hôtesse, l’agence se trouve difficilement.
Donc, vu que je suis aussi aveugle qu’une taupe, je suis partie à 13h30 (au départ j’avais dit 13h15, mais j’ai eu un problème de timing…), et je suis arrivée tôt. Après 15minutes de recherche, BINGO, je trouve et je rentre. On m’oriente et on me « prie » ( non, non, on ne me demande pas on me « prie ») de descendre les escaliers et de rentrer dans la salle du bas.
Je ne pensais pas trouver grand monde en bas, et bah, PERDU !
Ils ont réussi quelque chose d’énorme, Majax est un petit joueur par raptor à ça…
Ils ont réussi le pari de faire entrer 40 personnes dans 13 mètres carré…
Bien sûr, on me place au milieu, et devant moi…
Une masse transpirante qui se balance sur son siège, à 5 centimètres de mon nez.
Rajoute à ça, la bonne auréole et le dos moite de ce charmant monsieur.
Rajoute à ça qu’il fait 1m80 pour 100 kilos.
Donc même en se penchant, j’ai eu du mal à voir…
14h20 :
J’ai entre mes mains un formulaire avec des questions à la con genre : « réékrivez ses troi fraz san ferre de fotes dorto graf ».
La bonne blague.
Et après ils te demandent de créer un slogan pour une association jeune et dynamique.
Va pas savoir pourquoi, mais j’avais envie d’écrire « tout est bon dans le cochon ! »
Au final j’ai trouvé un truc à la con (moques toi) : « dynamique et déterminé, la JS4 vous aide à trouver un emploi rapidement et qui vous va comme un gant ».
Tais toi, j’étais pas inspirée, du tout.
14h40
« bon, on va faire un exercice d’élocution, vous allez réciter une tirade de Cyrano, et après je donnerai les noms de ceux qui restent avec moi ».
Putain, c’est la Nouvelle Star ici.
Je suis sur le Prime, et je vais leur chanter sur l’air de « je ne suis pas un héros » :
J’AII BESSSOIIIIN D’UUN BOULOOOT.
Ok. Je stresse.
14h30
Toi tu restes pas.
14h35
Ah bah toi non plus.
14h40
Toi aussi tu resteras pas.
15h
Mon tour arrive. Ma performance dure quelques minutes. Je suis bleue, je devrais commencer à re-respirer.
15H10
VERDICT : Le Jury m’a mis 4 bleu.
Donc je reste assise, pensant que mon calvaire va encore durer quelques minutes.
PERDU !
« bon, maintenant, je vais vous laisser vous présenter ».
Eh meeerde.
On est 25 à passer.
Comment te dire ?
La vie des autres, je m’en branle.
Donc on a une danseuse, un étudiante en éco, un étudiant en droit, un futur bachelier, une nana qui te fait complexé lorsqu’elle explique son CV, et qui en plus, est super bien foutue, la bonasse…
Donc, j’écoutes les gens raconter leur vie.
15h50
-On va écouter Morgane maintenant.
(putain, on se croirait aux alcooliques anonymes..)
-bonjour, je m’appelle Morgane, j’ai 19 ans, je rentre en troisième année, j’ai besoin d’un travail, j’ai trouvé l’emploi grâce à un ami qui m’a envoyé l’annonce, j’ai toujours voulu me confronter d’une façon ou d’une autre à l’Humanitaire, cette expérience pourrait être un tremplin pour l’année prochaine si je veux partir comme bénévole pour une mission humanitaire, je suis dispo… (du bruit de pouffement derrière moi, je me retourne) Quoi ? J’ai dit quelque chose de marrant ??
-non non, continuez.
-ok. Donc. Je suis disponible à partir de maintenant jusqu’au 5 août. Merci.
Je me suis pas fait de potes.
Remarque, y en a aucun qui m’a vraiment inspiré.
16h direction chez Brigitte, le QG de Gigi (mamie B.)
Je les retrouve posés en terrasse, elle, Elena, et Pascal, chanteur à l’opéra.
Ma grand-mère est une excentrique, elle est juste ouf.
Et ses amis aussi.
Pascal m’accueille à bras ouverts, il a ce côté complètement homosexuel, totalement assumé certes :
Il t’appelle « ma chérie » et il parle de lui au féminin.
Un personnage encore.
« allez les filles, je vous offre le champagne ».
Une bouteille s’installe sur la table pendant qu’il observe les mecs passer.
-pas mal celui là, je ferais bien la conversation avec son corps.
Il parle fort, il s’en fout.
16h30 Le directeur du théâtre Debussy m’appelle pour qu’on prenne rendez vous pour le poste d’ouvreuse.
Bonne nouvelle. Rendez vous mercredi matin, 10h.
Bon, on se lève et on va faire les soldes avec mamie B.
Ça me gène de l’appeler « mamie », parce que c’est marrant, on l’a toujours appelée « Gigi »
On se balade, on parle chiffons, mecs, familles. Y a toujours cette légèreté avec elle, c’est tout simplement léger, et génial.
Tu vois la Boom ? (je sais… ne dis rien)
Eh bah, j’ai à peu près la même relation qu’elle a avec sa grand-mère.
On retourne se poser chez Brigitte.
Pascal gravite à chaque table, en parfait électron libre.
Tout le monde se connait, se fait la bise. Chez Brigitte, tu vois, c’est le lieu où on se sent bien.
C’est très parisien, ça a cette classe légendaire et mythique de la vieille brasserie parisienne avec les nappes à carreaux rouges, les photos de Gainsbourg sur le mur, le vieux bar en bois sombre un peu usé.
Mais c’est pas vieillot, c’est pas vintage non plus, c’est juste authentique.
Brigitte est l’archétype même de la patronne de restaurant.
Elle est un peu trop maquillée, elle est blonde, plutôt grosse, avec une grosse voix, qui appelle les jeunes « les gamins ».
Les gamins, je vous ressert quoi ?
Ils se retrouvent tous chez Brigitte, boire un verre, manger, ou retrouver des copains.
Marco vient à notre table.
Il a une entreprise dans la location de matériel photo.
Ca m’interpelle, je lui demande si un jour y aurait moyen de faire un stage.
Pas de soucis.
Les gens qui gravitent chez Birgitte, sont des personnages, ils sont atypiques, et forcément, je les ai tous regardés avec les yeux brillants.
La soirée se finit vers 02h, après une assiette de jambon de pays avec du melon et des figues, et un verre de rosé.
Il est tard, on aura parlé du monde. J’avais l’impression d’être en soirée avec des amis, lors de ses longues discussions où on place à chaque phrase le mot « Système », et où on tente d’innover en refaisant le monde.
C’était juste frais, léger, drôle, et émouvant.
Je sais, tu t’en fous sans doute de ma vie, mais j’avais envie d’en parler un peu.
Sur ce.
Je vais peut-être m’occuper du concours …