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Etre étudiant

Un petit article parce que j'ai quelques secondes à tuer, quelques secondes que j'ai envie de tuer en ta compagnie.

J'ai envie de te parler, l'espace de quelques secondes, ma vie d'étudiante à Paris XII. Car, au final, je ne suis pas qu'une simple étudiante, et même si ma fac s'appelle aujourd'hui UPEC (citron), je suis, et cela, jusqu'au bout des ongles incarnés (ou pas), une étudiante de PXII.

Ca a commencé il y a trois ans, un peu comme une seconde adolescence. J'avais postulé pour une prépa, manque de bol, j'ai pas été retenu, mais je les pris avec philosophie, faute d'avoir eu 9 au bac philo. J'en ai ni fait tout un drame, ni un fromage, de toute façon, la Prépa, c' était pas pour moi. Donc direction la fac de Créteil. Ca a commencé comme ça. Des collants zèbrés, une frange coupée sur un bateau, les cheveux violets. Ca a commencé comme ça. J'ai oublié quelque chose au lycée : mon asociabilité. Car au final, la fac m'a révélée. Tu vois, l'adultère mystique, c'est un peu mon cas.

Mon bilan étudiant? C'est des dissert' rendues en retard, des heures passées à sécher autours d'un café et d'une clope, des « vous pouvez baisser le son svp » à la bibliothèque universitaire, des près 7 jours rendus au bout de 15, des gourmandises chez Paul, des paninis 4 fromages. Oui en y repensant, j'ai passé ma première année à bouffer des paninis et des Mars en guise de repas, c'est sans doute pour ça qu'au final, j'ai eu mon année, mention 5 kilos en plus.

Mon cursus universitaire a été quelque peu bouleversé par des réformes, et puis, ça a fait comme des dominos qui tombent, un, deux, trois, quatre...

On était déjà tous par terre, allongés dans l'herbe ou sur les canapés roses volés au Quatrième, en train de hurler que Dufeu était au quatrième à qui voulait un briquet.

On était déjà tous par terre, allongés sous le ficus, fatigués d'avoir mis le réveil à 5h.

Je me souviens des mes premiers cours en amphi, de mon cours de XVII avec Artigas, de mon premier cours de méthodologie avec notre chère Bok', de mon cours de comparée avec le prof' à la mèche...

je me souviens des gens qui disparaissaient en mode Flipendo!

En fait, être étudiant, c'est un peu comme être scribe, et « je ne pense pas qu'il y ait de bonnes ou de mauvaises situations, …., être scribe, c'est d'abord des rencontres ».

Et là, pan, je prends trois ans de ma vie en pleine face. D'un coup, ça nous rattrape. Moi qui m'étais inscrite en fac, sans trop savoir où cela allait me mener, et aujourd'hui, je perd la chef et onques ne ferut li chevaliers de la escalate. Me voilà à 20 berges maintenant, à lancer un regard tendre vers ce passé qui revient par intermittences, comme ce soir. Il est 21h04, et j'ai pris 20 ans dans la gueule. Remarque, j'ai toujours fonctionné à retardement. Je ne pense pas avoir été en retard, que ce soit dans mes relations, au niveau travaux à rendre, je dis pas ( c'est sans doute pour ça que ce soir, je dois terminer un article sur l'écologie que j'aurais dû faire il y a une semaine).

Tout ça pour dire que je ne regrette rien( sauf d'avoir choisi l'écologie comme sujet en LANSAD). Je ne regrette pas d'avoir coché sur RAVEL, la case Paris XII, Créteil.

C'est marrant comment le passé peut venir contaminer, en quelque sorte, le présent.

J'ai repensé à tout ça il y a quelques jours, quand, en prenant le chemin que je fais depuis trois ans, ce même chemin jusqu'au métro, j'ai croisé mon professeur de grammaire anglais, celui qui fumait sa pipe après le cours, et qui nous disait que parler anglais, c'était facile, mais que c'était du « Canada Dry », dans le sens que, comme le Canada Dry qui n'est pas , à son avis, de la limonade, les gens parlaient anglais, sans parler anglais.

Être étudiant, c'est oublier sa carte Crouss sur son plateau, c'est manger des sandwichs à 2€80, c'est refaire le monde autours d'une table de la grande cafèt', c'est se ruiner en clope, se ruiner en café, arrivé en retard à cause du bus alors qu'on prend le métro et qu'en plus on habite à 5 minutes.

Être à la fac pour moi, c'est aussi y avoir travailler. C'est fumer une clope avec James Bond et demander comment ça va à Quirrell qui déprime au deuxième étage.

J'ai connu la fac dans les meilleures comme dans les mauvais moments. Y a les amis qui traînent partout, qu'on rencontre alors qu'on est en retard, qui nous paye le café, qui nous paye une clope. La fac, c'est des mythes comme CPM1 et CPM2, alors Coup de Pression Man, comme Nono, « poulet! ». Et puis, c'est un peu comme au collège, en première année, t'es en troisième, tu passes la seconde, comme ton permis, en troisième année, et l'année prochaine, t'es un grand, tu rentres au lycée, et tu fais ton Master. Oui, c'est comme les cartes Magic, l'année prochaine, t'es le Master de la forêt de Croussibur.

Et, si on m'avait dit tout ça, j'aurais sans doute rigoler.

Paris XII, c'est mon fief lieu, et même si j'aime que moyennement le suzerain, je m'y plait plutôt bien, exceptée aussi la Bibliothèque, où j'ai dû m'énerver et pester bon nombre de fois.

 Être étudiant, j'ai envie de te dire, c'est des gueules de bois. Enfin, dans le concept quoi, parce que, toi même tu sais, les gueules de bois ne m'atteignent pas.

C'est aussi des cafés, des heures à potiner. Car oui, une des bases de nos discussions sont sans aucun doute, les potins. Les comères de la fac, c'est bien nous.

 


Pourvu que ça dure, car, j'en suis sûre, c'est vraiment nos meilleures années.

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B
<br /> très bon...<br /> <br /> <br />
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